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Programme soutenu par l'Agence Nationale de la Recherche

coordination scientifique : Pr. L. Jaffro  - partenaire : Ph. Hamou


PNEUMA - L'espace de l'esprit : théories de l'espace, pneumatologie et physico-théologie à l'époque newtonienne


Résumé


L'appel à projet "Sciences, technologies et savoirs en sociétés" (2009) invite en particulier à des recherches de nature historique sur les relations entre science, religions et croyances, d'une part, et d'autre part entre science moderne, Lumières et rationalité. Les études sur la sécularisation aux 17e et 18e siècles sont nombreuses dans le domaine de l'histoire de la philosophie morale et politique et insistent sur l'effacement des théories du commandement divin ou du droit divin au profit de conceptions qui inscrivent la source de la normativité dans la nature humaine. L'équipe constituée pour ce projet a pour ambition de mener un travail analogue sur un objet moins fréquenté : les théories de la place de l'esprit dans la nature à l'époque newtonienne. On désigne par là une famille de questions :


1. " L'esprit dans l'espace " : Quelle importance a eu à l'époque newtonienne la question des modalités de la présence de l'esprit (divin, humain, angélique) dans l'espace ?


2. " L'espace dans l'esprit " : Comment est-on passé au tournant des 17e et 18e siècles d'une approche théologique et métaphysique de l'espace à la thèse empiriste d'une construction de l'espace et de son idéalité ?


3. " L'esprit dans la matière " : Comment a-t-on essayé de comprendre la place de l'esprit dans un univers matériel dont seul le mécanisme permet de rendre compte ?


4. " L'esprit dans l'univers " : Comment l'héritage du newtonianisme a-t-il pu donner lieu aussi bien à l'essor d'une physico-théologie qu'à la critique du recours aux causes finales dans les sciences de la nature et dans la cosmologie ?


 Globalement, ces questions s'insèrent dans une évolution qui conduit d'une approche théologique à une approche psychologique des notions étudiées, principalement celles d'espace et de finalité. L'hypothèse n'est pourtant pas celle d'une émancipation progressive et sans retour de la science à l'égard de la théologie. L'empirisme ne peut pas être assimilé à un mouvement philosophique déthéologisé. De même, la théologie naturelle conserve son autorité en dépit des coups qui lui sont portés.


La recherche en histoire intellectuelle et en histoire des sciences s'est concentrée sur les grandes figures de la " révolution scientifique " moderne, telles que Newton et Darwin. Le projet porte son attention non directement sur ces acteurs mais sur leurs environnements, à savoir l'inscription de la pensée de Newton dans le renouveau du platonisme au 17e siècle et ses effets sur le développement de l'empirisme de Locke à Hume. Egalement, on étudie l'avant-Darwin, à travers l'examen de la critique du recours aux causes finales dans le contexte de la théologie naturelle du 18e siècle, jusqu'à Paley.